________Paris. Grande ville à la tour de fer et d'acier, qui vieillit inexorablement. Des palais en veux-tu, en voilà, le "mini palais" aussi petit qu'une bonne vieille cathédrale, tout est affaire de référentiel. Warhol, dans un lieu si ancien, si beau, rempli d'histoire. Une histoire dans une histoire. Des couleurs dans des dorrures. Une file d'attente longue de cent mille ans aussi, mais la maladie peut aider de temps à autres. Il arrive au monde d'être juste, parfois. Le métro et ses rames bondées, ses strapentins qui claquent et vous donnent mal au dos, vous réveillent, nous les assoupis qui ne font guère plus attention à la station présente. Terminus.
________Et voilà le BHV, temple de la consommation de masse, la rue de Rivoli se déroule sous mes yeux, son tapis d'échoppe n'en finit pas, les passants sont si nombreux qu'on se croirait fourmi, sans trophalaxies n'allons pas si loin. Et là en une soirée, je vois tellement de choses, mes pieds en ont marre alors que ma curiosité n'en est que plus avivée. La mairie, la Bastille, la Garde Républicaine, le Centre Pompidou et ses petits spectacles itinérants qui n'en finissent jamais. Des souvenirs d'une 4e bien remuée me reviennent à la vue de cette pente, de cet escalator, de ce coucher de soleil.
________A chaque tournant, je m'imagine avec Toi. C'est si beau, si féérique. "Une chanson de la Rue Kétanou pour la d'moiselle !" Oui, la demoiselle elle danse dans la valse des rues du Vieux Paris. Et puis, elle se pose aussi. Mes jambes sont si heureuses de pouvoir enfin s'étendre calmement au coin d'une térasse, mes papilles s'esclaffent de quelques escargots. Je ne suis pas réellement à ma place ici. "Que désirez-vous ? Une purée de carotte. - Vous êtes sure ?!" Oui, oui je ne vois rien de mieux qu'une purée de carotte madame. Et je pars, loin, si loin de la conversation qui se déroule autour d'une table carée "- Et ton travail ça va ? - Oui, oui, enfin j'ai changé de quartier, j'ai beaucoup plus de temps de transports en commun" Je m'envole avec ton songe, je suis bien dans tes bras ectoplasmiques, si bien. Un message, tu as de quoi dépenser pour moi. J'ai de quoi me cacher sous la couette, me prétendre groupie, et crever de chaud rien que pour Toi. J'ai surtout de quoi être terriblement heureuse. Quelle délicieuse, soirée.
________Le lendemain, les puces m'attendent, me sautent dessus, ses quartiers chics comme les autres. Deux mondes si opposés cohabitent si facilement, c'en est destabilisant. Mes yeux sautillent entre statue marbrée, buffet doré, disque usagé, babiole traficotée et ma coupe de glace à la vanille pour finir par choisir deux vêtements si longuement recherchés : The Cure et Sonic Youth imprimés sur fond noir de cotton. Enfin.



